Pourquoi faire une experience psychedelique ? Partie 1

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Cet article va parler des raisons qui peuvent pousser à faire une expérience psychédélique. Finalement, pourquoi est-ce qu'on voudrait faire une telle expérience ? Il y a plusieurs réponses à cette question. Je n’ai pas forcément pensé à toutes les éventualités, mais je vais essayer d'en traiter un maximum. Avant de commencer, je tiens à rappeler que ceci n'est pas du tout une incitation à consommer. La consommation de produits, quels qu'ils soient, comporte des risques. J’ai d'ailleurs fait une vidéo sur comment réduire ces risques, que je vous invite fortement à aller consulter. Parce que, selon moi, une personne qui ne connaît pas les risques et qui ne les réduit pas n'est pas un bon explorateur de sa conscience. Ceci étant dit, on va pouvoir attaquer le sujet qui nous intéresse : les raisons pour lesquelles on peut désirer faire une expérience psychédélique.
On appelle cela l'intention, mais l'expérience psychédélique reste une expérience un peu "sauvage". Ce n'est pas parce que vous avez décidé de faire une expérience psychédélique pour une certaine raison que cette expérience va aller dans votre sens. Par exemple, une personne qui voudrait faire une expérience psychédélique pour travailler un traumatisme pourrait finalement explorer quelque chose de plus mystique ou remettre en question les dogmes et les codes de la société. Mais globalement, le fait de formuler une intention claire va permettre de vous amener vers ce que vous voulez en général.
D'abord, je vais parler de la raison la plus courante qui pousse les gens à consommer des psychédéliques, ou même des dissociatifs et des empathogènes et qui est aussi, je dois bien le dire, la raison qui m'a fait me lancer là-dedans : l'expérience récréative. C'est-à-dire ressentir une certaine euphorie, voir ses sens se modifier, avoir des visuels colorés, avoir la sensation de flotter dans l'espace, etc. Chaque expérience comporte une part de récréatif, mais aussi une part d'introspection. Les deux sont finalement indissociables ; vous n'aurez pas que l'un ou que l'autre.
Le côté récréatif n'est pas forcément ce qui m'intéresse. C'est effectivement ce qui m'a attiré au début dans ces substances, mais au bout de seulement quelques expériences, j'ai compris qu'il y avait quelque chose de plus grand, quelque chose de plus profond.
Comme vous le savez, le set and setting, c'est-à-dire le lieu où vous vous trouvez et le contexte mental dans lequel vous êtes au moment de l'expérience, vont énormément jouer sur celle-ci.
Pour ma part, je pense que les raisons de faire une expérience psychédélique que je vais énoncer sont plus à même de se produire dans le cas où une personne va consommer des psychédéliques, des dissociatifs ou des empathogènes en pratiquant de la méditation, allongée ou assise dans le noir, en immobilité complète, les yeux fermés et avec une playlist musicale de la même durée que l'expérience. C'est personnellement ce qui m'a apporté le plus d'expériences enrichissantes, profondes et intéressantes. Mais n'oubliez pas, cela varie selon les individus. Donc, je vous encourage à trouver votre propre méthode qui vous convient le mieux.
Réalisations existentielles
Premièrement, une expérience peut amener à se reconnecter au moment présent et à prendre conscience de sa valeur, d'arriver à saisir cet état de plénitude qui semble durer indéfiniment. On peut alors prendre conscience qu'on vit un peu en permanence dans sa tête, que parfois on se crée des problèmes qui n'existent pas et qui souvent viennent de désirs matériels non satisfaits. On peut prendre conscience que finalement, le bonheur est sous notre nez, en quelque sorte. On est amené à rencontrer notre situation actuelle sans chercher à la fuir avec des pensées qui occupent notre esprit.
Nous avons tous une sorte de mécanisme dans notre tête qui nous apporte des pensées verbales ou non verbales. C'est ce qu'on appelle le discours interne ou le dialogue interne lorsqu’il s’agit de mots. Parfois, il est nécessaire, mais le fait est qu'il ne s'arrête jamais, sauf si justement on prend conscience de ce moment présent. D'ailleurs, c'est assez magique quand le dialogue interne s'arrête, même pour ne serait-ce qu'une minute. Cela m'est souvent arrivé, même pendant plusieurs minutes, durant des expériences psychédéliques. On a une sorte de poids qui se lève, comme s'il y avait une révélation. On vit quelque chose qui est au-delà des mots, et on comprend alors que le langage, qui est la façon dont on interprète et dont on s'approprie le monde et l'environnement qui nous entoure, n'est en fait qu'une illusion, un concept transcendable qui n'a de caractère réel et significatif que pour nous en tant qu'humains.
On peut alors aussi se mettre à comprendre d'où viennent exactement ces pensées, potentiellement pouvoir le visualiser, le ressentir dans son corps. Pour ma part, j'ai un peu l'impression que c'est comme si quelqu'un avait en sa possession des billes situées au sommet d'un petit toboggan et qu'il les poussait. Et quand ces billes arrivent en bas du toboggan, c'est là que ma pensée intervient, c'est-à-dire qu'elle vient dans mon esprit de façon claire. Personnellement, c'est comme ça que je visualise le processus de formation de mes pensées, quelque chose qui d'un coup va m'animer en moi, mais qui ne va pas nécessairement se traduire par une agitation physique. Parfois, on est très agités intérieurement sans pour autant l'être physiquement.
Grâce à une expérience psychédélique, dissociative ou empathogène, on peut aussi se rendre compte de notre volonté de confort abusive. Personnellement, je me donne souvent des excuses pour ne pas faire les choses. Je me dis que je suis trop fatigué ou que j'ai mal quelque part, alors qu'en fait, c'est juste une envie de ne pas quitter mon confort, une sorte de prison dorée, une sensation un peu flottante de déconnexion qui pourrait être brisée rapidement. Personnellement, souvent, je ne me rends pas forcément compte que je suis dans cette espèce de cocon délétère pour ma productivité et pour mon épanouissement personnel. Souvent, ça vient du fait que je consomme trop de divertissement, donc que je suis trop sur mon téléphone.
Mais des fois il se trouve que c'est assez dur de le remarquer, et les expériences psychédéliques ont changé énormément de choses de ce côté-là pour moi, parce que ça m'a rendu plus attentif, plus connecté à la réalité, et du coup, je dérives moins dans le divertissement au détriment de mes objectifs personnels. Ensuite, les substances peuvent aussi permettre à certaines personnes de trouver leurs passions. Par exemple, moi, ça m'a donné envie de dessiner et aussi de me mettre à faire de la musique. Donc, ça peut en quelque sorte initier certaines passions. Ça peut s'expliquer en partie par la synesthésie, c'est-à-dire la combinaison de plusieurs sens, et plus globalement à l'augmentation des sens. Sur le moment elle peut être perçue comme très intense, on se rend compte à quel point ils peuvent être précis alors ça donne grandement envie de les explorer.
Personnellement à travers mes expériences j'ai compris que la consommation était en opposition à la création, dans le monde moderne la consommation prend une part écrasante sur la création ce qui entraîne un déséquilibre, lorsqu'on crée on n'est pas en train de consommer (shopping, restaurants... etc) on contribue à combattre le système capitaliste et consumériste. De plus, par la création on crée une graine pour ceux qui la verront, qui fera peut-être germer une âme d’artiste et ainsi permettre l'évolution de l’art, le développement de la culture, du patrimoine de l’humanité. Globalement, ça ne va pas vous inventer des passions ou des vocations, ce sont des choses qui sont profondément en vous, et que les psychédéliques, les dissociatifs et les empathogènes vont venir révéler.
Ensuite, dans mes expériences, j'ai l'impression de comprendre les rouages de la réalité, comme si j'avais des visions de l'organisation de la réalité. Par exemple, il m'a déjà semblé voir l'endroit où étaient créées les âmes, de voir comment a émergé notre conscience, et de pouvoir conscientiser des processus infiniment grands ou infiniment petits. Je suis relativement convaincu qu’à travers des humains sous l'emprise des substances que je mentionne, on pourrait mesurer des signaux, des variables, des constantes biologiques qui nous informeraient vraiment sur la nature profonde de la réalité.
Après, ce sont vraiment mes croyances personnelles, ce sont juste des hypothèses que je formule et que je trouve séduisantes, mais évidemment, on n'a aucune preuve de tout ça. Néanmoins, je pense que ça reste intéressant, et que même si ce n’est pas forcément réel ce sont des moments emerveillants et thérapeutiques à vivre dans mon cas. En fait, ce serait un peu comme avoir accès, d'un coup, à un savoir ancestral, universel et bien au-delà des mots. Un savoir intransmissible avec le langage traditionnel. La forme sous laquelle le trip va nous présenter les mécanismes de la réalité va changer. C'est-à-dire que comme je l'écrivais à l'instant, j'ai eu une vision de l'endroit où se fabriquent les âmes, je l'ai vu d'une certaine façon, quelqu'un d'autre l'aurait vue d'une autre façon différente, avec différentes couleurs, etc., mais le fond reste le même.
Souvent, dans les expériences, en tout cas les expériences puissantes, on va avoir une forme de dualité entre le tout et le rien. Les deux vont un peu se manifester de manière différente, mais dans les trips à haute dose, et quand on est vraiment dans l’exploration spirituelle, que c'est vraiment ce qu'on cherche, ça va se manifester quasiment tout le temps, mais à chaque fois sous des formes différentes. Cette dualité entre le tout et le rien s’illustre par le fait que le tout, c'est-à-dire l’intégralité de tout ce qui existe, chaque atome de l'univers, ne pourrait pas exister sans qu'il y ait un vide, un néant, quelque chose qui par le fait de ne pas être, donne ainsi l'espace à ce tout pour exister.
Pour faire une analogie concrète, une peinture a besoin d'une toile vierge pour exister, un espace sur lequel le peintre va composer, sur lequel la peinture va pouvoir se déposer, va pouvoir faire des formes. C'est une révélation que j'ai eue sous un trip à la DMXE, dont j'ai publié le trip report, je vous laisse aller la consulter pour avoir une description plus en détails de cette révélation sur le lien entre TOUT et le RIEN. Donc, je pense que les substances peuvent nous donner des réponses sur des processus ineffables, des réponses ancestrales sur le fonctionnement de l'univers, sans qu'on puisse réellement les décrypter avec des mots, mais peut-être qu'un jour on y arrivera.
Donc, mes convictions personnelles me poussent à croire à ça, mais je ne m'avance pas scientifiquement, c'est-à-dire qu'on n'est pas encore sûr. Il n'y a pas encore d'expérience sur ce plan-là au niveau des neurosciences mais je vous rassure, c'est ce que je projette de faire comme métier :) . Ensuite, une expérience psychédélique peut aussi vous faire vivre des expériences sacrées, profondément intimes, presque religieuses dans leur aspect, dans leurs sensations, dans leur feeling, avec une impression si l'expérience est bien dirigée, de découvrir d'où vient la conscience.
Ce qui peut vraiment donner des réponses, ça peut permettre de donner le sentiment à quelqu’un qui est perdu dans sa vie de retrouver du sens, d’avoir la sensation de savoir d'où on vient exactement au-delà de savoir d'où on vient biologiquement (origines ethniques, génétiques, etc). Une personne qui n'aurait plus le goût de la vie ou qui n’arrive pas suffisamment à l'apprécier à cause notamment des idéaux de richesse exacerbés par le capitalisme, cette personne pourrait se rendre compte qu'on a qu’une vie, de ce que ça signifie réellement que la vie ait une fin. Au lieu d'être paralysé par l'angoisse existentielle (certes tout à fait légitime) de la mort, le simple fait de vivre cette vie à fond et d'être le plus présent possible permet de ne plus avoir peur en permanence de cette finitude
La peur de la mort est au fond l’angoisse ultime qui est un peu à l’origine de toutes les autres peurs même si pas toutes. Globalement les psychédéliques dissociatifs et empathogènes nous font comprendre que la souffrance et les événements négatifs même les plus graves tels que la mort, la douleur psychique ou physique ou l’échec sont des processus inhérents à la vie, indissociables des bonnes choses qui nous arrivent, et du coup, ça permet de développer une forme de grande acceptation vis-à-vis de ce qui nous arrive dans la vie, et ainsi de toujours maintenir une forme de bonheur malgré les circonstances, même les pires, parce que sans ça, il ne pourrait pas y avoir de bons moments.
Donc, les bons moments sont encore plus savoureux. On comprend qu'il y a une binextricabilité de la souffrance et du bonheur, “binextricabilité” étant un mot que je viens d'inventer afin de désigner une inextricabilité entre deux choses. Le fait d'accepter d'avoir une grande acceptation vis-à-vis de tout ce qui peut arriver permet de générer beaucoup de paix intérieure, puisque vous n'avez plus cette angoisse d'anticiper ce qui va arriver et comment vous allez y réagir, parce que vous ne vous préoccupez plus que du moment présent. Ensuite, une expérience peut aussi permettre de casser ses idées préconçues, les choses qu'on vous a apprises depuis que vous êtes tout petit et qui ne sont pas forcément vraies.
Par exemple, "la drogue, c'est mal", alors que non, les substances ne sont pas nécessairement mauvaises, ça dépend de comment on consomme. Si vous avez intégré que vous êtes nul en maths, alors que c'est juste une idée préconçue, fabriquée de toutes pièces, les psychédéliques au sens large peuvent aussi briser ce genre de dogmes qu’on pose nous-même. Ça s'explique par le fait que les psychédéliques font emprunter à notre cerveau de nouvelles voies neuronales en créant des réseaux de neurones, c'est-à-dire en provoquant une neurogenèse, en tout cas avec preuve scientifique à l’appui pour le LSD et la psilocybine. On peut supposer que c’est la même chose dans le cas de psychédéliques plus exotiques tels que le 2C-E.
Cela permet de remettre en question par exemple, des rapports de domination dans la société, des rapports qui peuvent être vraiment complètement intégrés consciemment ou bien inconsciemment à cause de publicités ou de propagande. Par exemple, le rapport de domination homme-femme, le rapport de domination pauvre-riche, une vision antisémite de la société dans les années 30, etc. Les psychédéliques, c'est quelque chose de très subversif, c'est-à-dire que ça fait remettre en cause, remettre en question l'ordre établi, un ordre qui n'est pas toujours établi à juste titre.
Ça permet aussi de se remettre en question sur notre façon d'agir, notre façon de nous comporter avec les autres. Par exemple, quelqu'un qui serait violent avec ses enfants, pourrait se rendre compte que ce n’est clairement pas la meilleure façon d'agir. Quelqu'un qui aurait des préjugés racistes, sexistes, homophobes ou tout ce que vous voulez, pourrait finalement voir son point de vue se modifier. Il pourrait s'apercevoir qu'en fait, ce sont des pures illusions de son esprit qui lui ont été inculquées soit par des médias, soit par ses propres parents, par son entourage, ses amis, etc. Et qui provoque chez lui un complexe de supériorité.
Donc, en réalité, une expérience psychédélique, ce n'est pas seulement bénéfique pour la personne qui consomme, mais c'est aussi potentiellement bénéfique pour le monde entier, l'humanité, finalement, parce que ça amplifie des valeurs de tolérance. Ça développe un amour sincère pour l’autre, l'empathie, la compréhension de la souffrance de l'autre, parce que pendant une expérience, on peut très bien vivre des sentiments de rejet, on peut plus facilement se mettre dans la peau de personnes qui subissent des discriminations, parce que l'imagination est alors plus développée. On peut être traversé par toute la souffrance de l'humanité, par tous les vices en nous qui l’ont causée. personnellement ça m’a rendu profondément attentif à ne pas faire du mal aux autres, ne serait-ce qu'un peu. Il y a vraiment une réalisation concernant ça avec une sorte de dualité entre la part de nous même qui nous pousse à causer du tort ou faire du mal aux autres (l’ego), et justement cette souffrance des autres.
Une expérience psychédélique peut nous recentrer sur le fait qu’on est complètement interdépendant des autres, qu’on ne peut pas la jouer perso, ce qui est très valorisé dans le système moderne avec une exhortation constante à maximiser ses intérêts personnels.
Ainsi, l'enjeu derrière la consommation de psychédéliques est une société qui va mieux, une société qui travaille plus main dans la main, plus collaborative. Cela peut sonner utopiste pourtant les changements opérés sur la plasticité cérébrale sont bien réels. Mes expériences m’ont permis de me rendre compte que notre véritable mission sur terre serait en quelque sorte de maintenir une certaine harmonie entre les humains.
Je suis dorénavant plus centré sur le fait d’organiser mes actions et mon comportement au sein de la société dans le respect du bien être de l’autre, ça passe donc par une plus grande conscience ecologique. On peut aussi comprendre à quel point la santé est importante, je ne me suis plus jamais négligé dès lors que j’ai fait mon 1er Ali flip. On se met aussi à beaucoup moins accorder d'importance au regard des autres, parce que finalement, le regard, le jugement des autres, c'est quelque chose qui passe par de l’ego. Cet ego qui juge, qui se compare… Globalement, selon moi, l'ego est à l'origine de beaucoup de problèmes, alors c’est quelque chose qui n'a pas à être suivi mais plutôt dont on doit comprendre les failles pour limiter celles-ci.
Eliacide | Blogueur communautaire chez Chemical Collective | youtube.com/@eliacide
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